Le Marais

Description

Le Grand Marais est, depuis 1998, un site d’importance nationale pour les marais et la reproduction des batraciens. On peut y observer de nombreuses espèces de libellules, d’oiseaux, de petits mammifères – difficiles à voir sans un peu de chance – et des batraciens. Il paraît impénétrable en été, mais un sentier conduit, depuis la route de Chiètres, à l’étang principal, domaine de la foulque macroule. On peut le contourner côté ouest par la route, et atteindre la roselière ; il est prudent alors de prendre ses bottes. C’est un écosystème fragile, sous haute surveillance de l’Etat, de Pro Natura et de la Commune qui unissent leurs efforts pour le sauvegarder.

C’est depuis la route de la Colline de Chiètres que l’on peut admirer au mieux cet endroit remarquable. De là, il y expose ses différents tons de verts : celui des saules argentés, des saules marsaults, des roseaux, des chênes, des frênes, des fusains, des carex… Au printemps, la palette de couleurs y est extraordinaire. Elles sont l’expression de la variété que propose cette zone aujourd’hui : étangs, roselières, bosquets, îlots, ripisylve – c’est ainsi qu’on nomme l’orée orientale du marais. On y trouve des saules à la silhouette étrange : les saules têtards, nom dû à leur grosse tête. A l’époque, on les taillait pour prendre les osiers, mais, la vannerie ayant pratiquement disparu, beaucoup de ces arbres se sont partagés ou écroulés sous le poids de branches devenues trop grosses. Témoins d’une époque révolue, les derniers survivants ont été sauvés par Martial Pot, qui pendant plus de trente ans s’est donné corps et âme à la régénération et à l’entretien de cette réserve. Réserve naturelle, le marais l’est depuis 1955. Il a été classé sur demande de la Municipalité suite à une pétition qui demandait l’assainissement du Petit et du Grand Marais, terrains de jeux hivernaux très appréciés des jeunes Bellerins. Le premier fut drainé et ainsi donné à l’agriculture ; tout au pied de la colline, une touffe d’alpistes faux roseaux et quelques flaques qui persistent après de fortes pluies, témoignent de son passé humide. Ses eaux alimentent dorénavant le Grand Marais. Celui-ci, vestige d’une Plaine du Rhône régulièrement inondée et riche en marécages, paraissait sauvé. Pourtant quelques années plus tard, la végétation avait tout envahi, et aucun plan d’eau libre ne subsistait. Après plusieurs mois d’études des mouvements hydrologiques, il apparaît qu’il faut relever le niveau du déversoir pour éviter l’assèchement. Pour permettre à la faune de se réinstaller, on décide de recreuser l’étang. Un sentier aménagé depuis la route de Chiètres permet aujourd’hui d’y accéder. Vous passerez alors une petite butte formée par les matériaux retirés en 1966. Une plante invasive, la renouée du Japon y règne en maître. Tous les efforts entrepris jusqu’à ce jour pour l’éradiquer ont été vains. Elle provient des déchets de jardin que, pendant de longues années, les Bellerins ont déposés, prenant le marais comme dépotoir de jardin. Sur l’étang, vous verrez certainement des foulques macroules, hôtes fidèles de ces lieux. Peut-être apercevrez-vous des hérons cendrés posés en face, sur les chênes de l’île, une couleuvre à collier, apeurée, se glisser dans l’eau, la poule d’eau très discrète, ou un vol de colverts ? Ces derniers sont plus peureux qu’à l’époque : réintroduits juste après le creusage de l’étang, ils ont été vite apprivoisés par les nombreux promeneurs qui leur apportaient du pain sec. L’automne suivant, un chasseur a profité de cette familiarité pour les tirer sans vergogne, rappelant par cet acte qu’une réserve naturelle n’est pas forcément une réserve de chasse. L’affaire avait fait grand bruit et un écriteau a dissuadé les gens de nourrir les canards. Aujourd’hui, le marais paraît impénétrable : tant mieux pour ses hôtes à deux, quatre ou six pattes. De nombreuses espèces ont été observées au cours de ces années. Parmi les oiseaux, citons par exemple la sarcelle d’hiver, le grèbe castagneux, le blongios, le râle d’eau, la bécassine des marais, les rousseroles, divers pics et une foule de passereaux, comme le loriot dont le chant magnifique anime les hautes futaies au printemps et le martin-pêcheur au turquoise fulgurant. Chez les mammifères, on peut observer le chevreuil, le renard, le blaireau et le sanglier, divers mulots, l’hermine, le putois, le rat des moissons, le loir et l’adorable muscardin. Plus facile à voir – ou à entendre - les grenouilles rieuses, les crapauds communs, les tritons alpestres et palmés ainsi que toutes sortes de libellules dont la nymphe au corps de feu. La liste est loin d’être exhaustive, surtout qu’au fil des ans, elle s’allonge. Le marais n’est pas un endroit figé, il est en perpétuelle évolution. Son équilibre fragile doit être maintenu par l’intervention humaine, et ceci régulièrement. Si vous contournez le marais par l’ouest et tentez d’en atteindre l’intérieur, vous trouverez une petite construction en béton, surprenante dans un endroit aussi sauvage. Il s’agit d’une vanne qui permet de réguler le niveau du marais, de le hausser, par exemple, au début du printemps afin de favoriser la ponte des batraciens. Le pré qui borde le marais dans cette zone a été racheté par Pro Natura. Aujourd’hui, c’est une prairie extensive, où l’on ne peut utiliser d’engrais et qui est fauchée à des périodes bien définies ; cette façon de faire favorise une végétation variée et l’on y trouve aujourd’hui deux Ornithogalum, l’Aspergette et la Dame de onze heures, entre autres. Elle joue aussi le rôle de zone tampon : les engrais utilisés dans les champs voisins ne peuvent ainsi pas atteindre la partie marécageuse. De même à l’est, une bande de terrain remplit le même office. Son efficacité est prouvée par l’absence d’orties le long de la ripisylve, lesquelles sont friandes de nitrates. Si elles ne poussent pas dans cet endroit a priori favorable, c’est que l’azote des engrais n’y arrive pas. Comme l’eau qui alimente le marais, issue du Petit Marais, désormais cultivé, et de la Colline de Chiètres, riche en zones agricoles, contient elle aussi des nitrates, il a fallu créer deux étangs de décantation pour retenir les apports chimiques dangereux. La sauvegarde du marais ne s’arrête pas là. Il faut savoir que les roseaux avancent dans une eau de moins d’un mètre cinquante de profondeur. Or, les vieilles plantes, les feuilles mortes et autres déchets naturels, ont tôt fait de remplir d’humus un plan d’eau de faible surface. Après les roseaux, les saules colonisent l’espace et bientôt la forêt reprend ses droits. Les étangs doivent être recreusés de temps en temps, les roseaux fauchés. Là où l’eau est relativement profonde, on ne peut les couper qu’en hiver si la couche de glace est assez solide, d’où la nécessité d’une surveillance quasi journalière à certains moments. La roselière située au sud était, à l’époque, fauchée par les paysans pour récupérer « le fla », dont ils faisaient des litières. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Chaque année, avec l’aide de la Commune de Bex et de civilistes de Pro Natura, des travaux sont entrepris pour que cette partie reste une roselière. Il faut rendre hommage à Martial Pot, naturaliste autodidacte et acteur prépondérant de la pérennisation du site : quand il a découvert le marais de Bex à la fin des années 1970, celui-ci était en grande partie envahi de saules, entre autres ; il a fallu débroussailler, arracher, à la main le plus souvent, creuser, dégager le sol des couches de végétaux entassés là depuis plusieurs années, créer des zones différentes afin de favoriser la biodiversité : un travail de titan. En 1998, son action est récompensée quand le Grand Marais est déclaré par la Confédération « site d’importance nationale pour les marais et la reproduction des batraciens ». Aussi, au marais, rien n’est jamais terminé. En hiver 2014, par exemple, plusieurs étangs ont été creusés à diverses profondeurs et sur plusieurs surfaces afin d’offrir l’asile à différents animaux ; une île a été créée afin que les oiseaux aquatiques puissent couver sans être dérangés par un prédateur. Deux fois par année, des représentants de la Commune, Pro Natura et de l’Etat de Vaud se réunissent pour décider des interventions à programmer. Ainsi Bex peut ajouter à son éventail de paysages extraordinairement riche - glaciers, pâturages, sommets, névés, forêts, vignobles, champs et prairies - un site d’une grande beauté.

Un sentier conduit depuis la route de Chiètres à l’étang principal. Accès côté ouest par la route pour atteindre la roselière ; prendre ses bottes.

Vers le site de Pro Natura

Le Grand Marais est, depuis 1998, un site d’importance nationale pour les marais et la reproduction des batraciens. On peut y observer de nombreuses espèces de libellules, d’oiseaux, de petits mammifères – difficiles à voir sans un peu de chance – et des batraciens. Il paraît impénétrable en été, mais un sentier conduit, depuis la route de Chiètres, à l’étang principal, domaine de la foulque macroule. On peut le contourner côté ouest par la route, et atteindre la roselière ; il est prudent alors de prendre ses bottes. C’est un écosystème fragile, sous haute surveillance de l’Etat, de Pro Natura et de la Commune qui unissent leurs efforts pour le sauvegarder.

C’est depuis la route de la Colline de Chiètres que l’on peut admirer au mieux cet endroit remarquable. De là, il y expose ses différents tons de verts : celui des saules argentés, des saules marsaults, des roseaux, des chênes, des frênes, des fusains, des carex… Au printemps, la palette de couleurs y est extraordinaire. Elles sont l’expression de la variété que propose cette zone aujourd’hui : étangs, roselières, bosquets, îlots, ripisylve – c’est ainsi qu’on nomme l’orée orientale du marais. On y trouve des saules à la silhouette étrange : les saules têtards, nom dû à leur grosse tête. A l’époque, on les taillait pour prendre les osiers, mais, la vannerie ayant pratiquement disparu, beaucoup de ces arbres se sont partagés ou écroulés sous le poids de branches devenues trop grosses. Témoins d’une époque révolue, les derniers survivants ont été sauvés par Martial Pot, qui pendant plus de trente ans s’est donné corps et âme à la régénération et à l’entretien de cette réserve. Réserve naturelle, le marais l’est depuis 1955. Il a été classé sur demande de la Municipalité suite à une pétition qui demandait l’assainissement du Petit et du Grand Marais, terrains de jeux hivernaux très appréciés des jeunes Bellerins. Le premier fut drainé et ainsi donné à l’agriculture ; tout au pied de la colline, une touffe d’alpistes faux roseaux et quelques flaques qui persistent après de fortes pluies, témoignent de son passé humide. Ses eaux alimentent dorénavant le Grand Marais. Celui-ci, vestige d’une Plaine du Rhône régulièrement inondée et riche en marécages, paraissait sauvé. Pourtant quelques années plus tard, la végétation avait tout envahi, et aucun plan d’eau libre ne subsistait. Après plusieurs mois d’études des mouvements hydrologiques, il apparaît qu’il faut relever le niveau du déversoir pour éviter l’assèchement. Pour permettre à la faune de se réinstaller, on décide de recreuser l’étang. Un sentier aménagé depuis la route de Chiètres permet aujourd’hui d’y accéder. Vous passerez alors une petite butte formée par les matériaux retirés en 1966. Une plante invasive, la renouée du Japon y règne en maître. Tous les efforts entrepris jusqu’à ce jour pour l’éradiquer ont été vains. Elle provient des déchets de jardin que, pendant de longues années, les Bellerins ont déposés, prenant le marais comme dépotoir de jardin. Sur l’étang, vous verrez certainement des foulques macroules, hôtes fidèles de ces lieux. Peut-être apercevrez-vous des hérons cendrés posés en face, sur les chênes de l’île, une couleuvre à collier, apeurée, se glisser dans l’eau, la poule d’eau très discrète, ou un vol de colverts ? Ces derniers sont plus peureux qu’à l’époque : réintroduits juste après le creusage de l’étang, ils ont été vite apprivoisés par les nombreux promeneurs qui leur apportaient du pain sec. L’automne suivant, un chasseur a profité de cette familiarité pour les tirer sans vergogne, rappelant par cet acte qu’une réserve naturelle n’est pas forcément une réserve de chasse. L’affaire avait fait grand bruit et un écriteau a dissuadé les gens de nourrir les canards. Aujourd’hui, le marais paraît impénétrable : tant mieux pour ses hôtes à deux, quatre ou six pattes. De nombreuses espèces ont été observées au cours de ces années. Parmi les oiseaux, citons par exemple la sarcelle d’hiver, le grèbe castagneux, le blongios, le râle d’eau, la bécassine des marais, les rousseroles, divers pics et une foule de passereaux, comme le loriot dont le chant magnifique anime les hautes futaies au printemps et le martin-pêcheur au turquoise fulgurant. Chez les mammifères, on peut observer le chevreuil, le renard, le blaireau et le sanglier, divers mulots, l’hermine, le putois, le rat des moissons, le loir et l’adorable muscardin. Plus facile à voir – ou à entendre - les grenouilles rieuses, les crapauds communs, les tritons alpestres et palmés ainsi que toutes sortes de libellules dont la nymphe au corps de feu. La liste est loin d’être exhaustive, surtout qu’au fil des ans, elle s’allonge. Le marais n’est pas un endroit figé, il est en perpétuelle évolution. Son équilibre fragile doit être maintenu par l’intervention humaine, et ceci régulièrement. Si vous contournez le marais par l’ouest et tentez d’en atteindre l’intérieur, vous trouverez une petite construction en béton, surprenante dans un endroit aussi sauvage. Il s’agit d’une vanne qui permet de réguler le niveau du marais, de le hausser, par exemple, au début du printemps afin de favoriser la ponte des batraciens. Le pré qui borde le marais dans cette zone a été racheté par Pro Natura. Aujourd’hui, c’est une prairie extensive, où l’on ne peut utiliser d’engrais et qui est fauchée à des périodes bien définies ; cette façon de faire favorise une végétation variée et l’on y trouve aujourd’hui deux Ornithogalum, l’Aspergette et la Dame de onze heures, entre autres. Elle joue aussi le rôle de zone tampon : les engrais utilisés dans les champs voisins ne peuvent ainsi pas atteindre la partie marécageuse. De même à l’est, une bande de terrain remplit le même office. Son efficacité est prouvée par l’absence d’orties le long de la ripisylve, lesquelles sont friandes de nitrates. Si elles ne poussent pas dans cet endroit a priori favorable, c’est que l’azote des engrais n’y arrive pas. Comme l’eau qui alimente le marais, issue du Petit Marais, désormais cultivé, et de la Colline de Chiètres, riche en zones agricoles, contient elle aussi des nitrates, il a fallu créer deux étangs de décantation pour retenir les apports chimiques dangereux. La sauvegarde du marais ne s’arrête pas là. Il faut savoir que les roseaux avancent dans une eau de moins d’un mètre cinquante de profondeur. Or, les vieilles plantes, les feuilles mortes et autres déchets naturels, ont tôt fait de remplir d’humus un plan d’eau de faible surface. Après les roseaux, les saules colonisent l’espace et bientôt la forêt reprend ses droits. Les étangs doivent être recreusés de temps en temps, les roseaux fauchés. Là où l’eau est relativement profonde, on ne peut les couper qu’en hiver si la couche de glace est assez solide, d’où la nécessité d’une surveillance quasi journalière à certains moments. La roselière située au sud était, à l’époque, fauchée par les paysans pour récupérer « le fla », dont ils faisaient des litières. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Chaque année, avec l’aide de la Commune de Bex et de civilistes de Pro Natura, des travaux sont entrepris pour que cette partie reste une roselière. Il faut rendre hommage à Martial Pot, naturaliste autodidacte et acteur prépondérant de la pérennisation du site : quand il a découvert le marais de Bex à la fin des années 1970, celui-ci était en grande partie envahi de saules, entre autres ; il a fallu débroussailler, arracher, à la main le plus souvent, creuser, dégager le sol des couches de végétaux entassés là depuis plusieurs années, créer des zones différentes afin de favoriser la biodiversité : un travail de titan. En 1998, son action est récompensée quand le Grand Marais est déclaré par la Confédération « site d’importance nationale pour les marais et la reproduction des batraciens ». Aussi, au marais, rien n’est jamais terminé. En hiver 2014, par exemple, plusieurs étangs ont été creusés à diverses profondeurs et sur plusieurs surfaces afin d’offrir l’asile à différents animaux ; une île a été créée afin que les oiseaux aquatiques puissent couver sans être dérangés par un prédateur. Deux fois par année, des représentants de la Commune, Pro Natura et de l’Etat de Vaud se réunissent pour décider des interventions à programmer. Ainsi Bex peut ajouter à son éventail de paysages extraordinairement riche - glaciers, pâturages, sommets, névés, forêts, vignobles, champs et prairies - un site d’une grande beauté.

Un sentier conduit depuis la route de Chiètres à l’étang principal. Accès côté ouest par la route pour atteindre la roselière ; prendre ses bottes.

Vers le site de Pro Natura

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